20 ans pour les approches CCO : état des lieux en recherche francophone sur la communication constitutive des organisations
Piloté par Dany Baillargeon, Nicolas Bencherki, Geneviève Boivin, Boris Brummans et Coline Sénac, le colloque a regroupé près de 25 personnes autour de 14 présentations, dont les plénières de Jean-Luc Bouillon et François Cooren.
Voir l’horaire de l’événement sur le site de l’ACFAS
Enregistrements des présentations
Ouverture du colloque, le 3 mai 2021
Présentation de Jean-Luc Bouillon : « ACO : déclinaisons et perspectives »
Séance « Réflexions et révisions »
Séance « Innovations méthodologiques »
Synthèse de la première journée
Présentation de François Cooren le 4 mai 2021 : « CCO : Inspection des travaux finis et à venir »
Séance « Quel(s) regard(s) critique(s) pour les CCO? »
Séance « Applications innovantes et nouveaux terrains »
Synthèse du colloque
Argumentaire
Bien que les approches constitutives, sous leurs diverses formes, soient le produit de chercheurs francophones des deux côtés de l’Atlantique, et qu’elles puisent leur inspiration théorique dans des travaux de penseurs eux aussi francophones, l’anglais semble être devenu un point de passage obligé pour la poursuite de la conversation à l’échelle internationale. Si la recherche américaine et britannique adoptant les perspectives CCO est bien présente (e.g., Ashcraft, 2020; Holm & Fairhurst, 2018; Koschmann & Sanders, 2020; Kuhn, 2020; Wright, 2016), l’anglais est en fait surtout une « lingua franca » pour un dialogue entre des chercheurs germanophones (e.g., Dobusch & Schoeneborn, 2015; Grothe-Hammer, 2019; Seidl & Becker, 2006), ceux travaillant au Danemark (e.g., Albu & Etter, 2016; Asmuß & Aggerholm, 2016), en Italie (e.g., Caronia & Mortari, 2015) ou encore en Amérique du sud (voir Vásquez & Marroquín Velásquez, 2015). Ainsi, l’anglais, pour une majorité des chercheurs qui étudient le rôle de la communication dans la constitution des organisations, n’est pas la langue dans laquelle ils lisent, pensent et conduisent leur recherche.
Alors que les approches constitutives s’institutionnalisent et sont de plus en plus reconnues même au-delà des frontières de la communication organisationnelle (Boivin, Brummans, Barker, 2017), et 20 ans après que le terme CCO ait été proposé, il est temps d’explorer, voire de valoriser, la spécificité de la recherche autre qu’anglophone dans le domaine. Comment diverses approches théoriques et méthodologiques, développées dans la francophonie et ailleurs, s’apparentent ou se distinguent des approches CCO? Quelles sont les rapprochements avec les ACO institutionnalisée en France « qui vise [également] à comprendre les organisations, leur fonctionnement et leurs dynamiques à partir des phénomènes de communication qui les structurent » (Bouillon et al., 2007, p. 8) ? Comment favoriser le dialogue entre ces différentes postures ?
Notre intention n’est pas ici d’ouvrir une confrontation ou d’opposer la production anglo-saxonne aux autres, mais bien d’en montrer les différences, les convergences, les chemins de traverse, les innovations de façon à, in fine, enrichir le spectre des connaissances entourant les approches CCO.
Mettant en relation des étudiantes et étudiants, des chercheurs et chercheuses émergents comme établis, ce colloque sera l’occasion de :
- favoriser des applications novatrices des approches CCO, développer des regards croisés et renouvelés et susciter des croisements interdisciplinaires de sorte à ouvrir de nouvelles possibilités, et ce, qu’importe la communauté linguistique d’appartenance;
- valoriser la recherche CCO de et dans la communauté francophone, qui s’est surtout fait connaître du côté anglo-saxon;
- permettre à des chercheurs et chercheuses CCO émergentes d’échanger avec des collègues chevronnés.